Les fondamentales
LaboGN est un collectif d’exploration, de partage et d'expérimentation autour du jeu de rôle grandeur nature. Il rassemble des gens de différents horizons.
C’est une aventure à la fois concrète et utopique, basée sur six fondamentales : le jeu, l’expérimentation, la justice sociale, la coopération, le soin, la sobriété.
Celui qui engage nos corps, nos têtes et nos émotions. Il est à la fois ce qu’on fait et ce qu’on est. Nous partageons une manière de regarder le monde curieuse et inventive, l’œil ouvert pour distinguer les univers invisibles qui se cacheraient dans ses recoins. Attraper des étincelles et les faire grandir, souffler sur les braises pour dessiner des cercles magiques.
Comme pour des personnages que nous habitons, incarnons nos créativités dans nos interactions du quotidien et dans notre manière de nous organiser. Nourrissons-les diverses, éphémères, en réinvention permanente - reflets des cultures de jeu multiples qui sont les nôtres. Elles sont les moteurs de notre collectif quand elles résonnent, s’échangent et se nourrissent.
S’amuser toujours, partout, d’un rien.
Écouter les impulsions créatives.
Voyager dans des mondes inconnus.
Rire autant que possible.
Ne pas trop se prendre au sérieux, sérieusement.
On s’y encourage les un·es les autres à essayer, à oser. Se tromper est la condition nécessaire pour apprendre.
Que ce soit dans l’écriture de jeux, dans notre manière de nous organiser, de nous rencontrer et de faire lien : nous voulons créer, tester des choses nouvelles. Le collectif doit soutenir chacun·e dans sa capacité à se mettre en mouvement - ainsi, nous nous transformons, individuellement et en tant que groupe.
Nous n'oublierons pas de garder des traces de nos créativités, de documenter nos essais afin de mieux les transmettre. Et si nous racontons nos histoires, c’est pour qu’elles nous nourrissent sans nous contraindre : nos essais sont le terreau vivant dans lequel pousseront les expériences de demain.
Le Labo est comme un jeu de rôle grandeur nature en co-création permanente : nous en sommes toustes les personnages principaux et toustes les organisateur·ices. Notre intention est un fonctionnement autogestionnaire et transparent. Tout le monde est co-responsable du fait que le Labo se passe au mieux. Ainsi, venir au Labo c’est s’engager à participer à son organisation, à la fois avant, pendant et après l’événement, à hauteur de nos capacités.
Nous pouvons aussi le voir comme une pieuvre : chacune de ses tentacules a son propre cerveau et peut donc agir de manière autonome et souveraine, tout en étant connectée avec les autres parties du corps.
Dans la même logique, les décisions et actions au Labo se font à partir de la plus petite unité concernée. Nous sommes toustes légitimes à décider et à agir pour le collectif, tant que nous en respectons les fondamentales, que nous communiquons le plus clairement possible et que nous respectons la juste temporalité des processus.
LaboGN agit pour la justice sociale en son sein.
Gardons en tête que le jeu n’est pas qu’une manière de s’échapper de la société. Au contraire, il nous y connecte d’une façon qui nous donne de la force, une perspective et des outils pour transformer le monde.
LaboGN est un espace de résistance et de lutte contre toutes les oppressions, anti-autoritaire et antifasciste : féminisme, antiracisme, luttes décoloniales, antivalidisme… la liste est longue. Nous cherchons à créer d’autres manières de faire corps, via la rencontre et le travail transformatif.
Nous œuvrons à rendre notre organisation et nos événements accessibles et accueillants pour celleux qui ne se sentent pas toujours bienvenu·es ailleurs. Nous travaillons ensemble à prendre conscience des freins à la participation pleine et entière de toustes, et faisons de notre mieux pour les lever.
S’éduquer à la justice sociale et à la complexité de comment les oppressions impactent nos vies est un vrai défi. Informons-nous, cherchons à apprendre les uns des autres, soyons ouvert·es au vocabulaire et aux pratiques d'un monde plus juste. Le Labo est un microcosme qui peut nous aider à examiner notre vie et à trouver le courage de changer !
Tant les jeux que l’organisation et la vie collective sont des endroits de vulnérabilité. Le soin à LaboGN cherche à prévenir les difficultés, à régénérer si besoin et à faciliter l’expérience des membres du collectif. Nous essayons de ne pas oublier celleux qui nous sont plus éloigné·es et de se soucier de celleux qui viendront après.
Le bien-être des membres du collectif commence par être attentif·ve à soi-même : apprenons à identifier nos besoins et nos limites, à y répondre quand on le peut et à se saisir du collectif quand nécessaire. Le cadre de LaboGN a pour mission de favoriser et soutenir ce processus.
À partir de là, nous pouvons être attentif·ves aux autres, s’assurer de leur consentement pour leur participation et être respectueux·ses des différences. Cette conscience amène également à prendre soin du matériel et des espaces que nous partageons.
Le collectif est vivant : il a lui aussi des besoins et des limites. Faisons de notre mieux pour les prioriser avant nos envies individuelles, sans oublier pour autant de prendre soin de nous dans le processus.
Enfin, on dit que « jouer, c’est explorer en toute sécurité ». Alors dotons-nous d’outils de soin adaptés pendant nos jeux, pour aller chercher le fun partout où il peut être, y compris dans l’inconfort.
La sobriété n’est pas une valeur qui s’oppose à la joie, à l’allégresse, à la créativité. C’est une façon de faire les choses différemment, en s’efforçant d’avoir le moins d’impact négatif possible sur le monde.
Nous célébrons le lien. Nous privilégions la qualité plutôt que la quantité. Nous « choisissons autre chose », plutôt que nous ne « renonçons ». Nous nourrissons au lieu de consommer. Nous prenons le temps qu’il faut.
La sobriété propose de nouvelles façons de faire des jeux, de les penser en accord avec nos positionnements politiques, tout en cultivant le plaisir et le lien. Elle invite à penser à la rejouabilité et au réusage, afin que nos jeux et nos pratiques voyagent et continuent d’exister, sans avoir besoin de beaucoup de ressources matérielles et humaines.
Elle implique aussi à penser à notre héritage, à ce et à ciels qui viennent après nous. Elle nous inscrit dans une perspective plus grande que nous : pensons à l’après, du LaboGN et au-delà.
Texte validé en plénière le 23 mars 2026
Labo-GN dure une semaine, et si ça peut avoir l’air long comme ça, on vous assure que ça passe souvent très vite. Quand on s’inscrit, on s’engage pour la totalité du séjour : c’est important pour la dynamique globale de l’événement.
Le premier jour, c’est un moment de rencontres, spontanées ou facilitées par des jeux ou autres éléments du programme, et de familiarisation avec les principes de l’événement. Si pendant le reste de la semaine, aucune des activités proposées n’est obligatoire, la cérémonie d’accueil est, quant à elle, un moment très important pour comprendre le fonctionnement de Labo-GN, tant au niveau pratique que social.
Le reste de la semaine, chacun·e peut faire son programme, en choisissant, à chaque tranche horaire, parmi les jeux, ateliers, tables rondes, événements sociaux et autres expérimentations qui seront proposées par les participant·e·s. Il est toujours possible de quitter une activité en cours si elle ne nous intéresse pas ou si on s’y sent mal.
Tout le monde peut proposer quelque chose, soit en amont, soit sur place - et tout le monde y est vivement encouragé.
En soirée, il y a souvent ou des jeux, ou des moments sociaux, parfois organisés, parfois spontanés. Les jeux de société sont également les bienvenus. Il y a également des espaces calmes pour les personnes qui souhaitent prendre un peu de temps pour elles.
Pour vous donner une idée, vous pouvez consulter le programme d’une partie des éditions passées sur le site (ne figurent pas dessus les nombreuses activités ajoutées sur place au cours de la semaine).
On participe aussi aux tâches collectives ; ainsi, tout le monde a un groupe de ménage et diverses tâches attribuées au cours de la semaine.
Il y a aussi les tâches liées à l’organisation de l’événement de manière plus générale, auxquelles tout le monde est encouragé à participer dans la mesure de ses capacités.
Avant le repas du soir, on se retrouve aussi - si on le souhaite - en petit groupe pour débriefer sa journée : il s’agit d’échanger autour de ce qu’on a vécu, ressenti, appris.
Au départ, Labo-GN s’adressait principalement aux orgas de Grandeur Nature, et les invitait à venir expérimenter des idées pour leurs futurs jeux, et à partager des connaissances concrètes.
Cependant, il est tout à fait possible de venir sans être orga (ou sans l’être déjà).
Il est également possible de venir même si on n’a jamais fait de jeu de rôle, Grandeur Nature, tant que l’on a de la curiosité pour cette activité, qui constitue, même si on y trouve d’autres pratiques, le cœur de la semaine.
Labo-GN n’est pas une convention classique.
Depuis des années, on essaie d’y encourager une atmosphère de bienveillance, d’écoute, d’inclusion. Pour cela, le premier jour, diverses techniques de communication et règles de vie sont expliquées, afin de faciliter l’expression de chacun·e et le respect des besoins de tou·te·s.
Cela passe également par une réflexion autour de l’espace : la bibliothèque pour se retrouver au calme, un espace de sociabilité où aller quand on veut échanger, des fonctionnements de tables différents à la cantine, selon l’énergie et l’envie du moment...
On cherche à favoriser l’autonomie, et le fait de prendre soin, et des un·e·s des autres, et de l’espace qu’on partage. Des personnes référentes de gestion des conflits et de care sont sur place et disponibles en cas de besoin. Dans une perspective féministe, dans laquelle Labo-GN s’inscrit depuis ses débuts, une attention particulière est prêtée aux enjeux de consentement. Un nouveau processus de gestion des situations de conflits ou de violences est en cours d’élaboration.
Pour lire le descriptif complet des règles de vie, rendez-vous également dans un programme des années précédentes (comme elles évoluent petit à petit au fil du temps, préférez la version la plus récente).
Labo-GN existe depuis 2014, et a ensuite été organisé presque tous les étés.
D’abord une petite trentaine, puis une cinquantaine, nous sommes désormais entre 60 et 80 ces dernières années.
En 2014, LaboGN voyait le jour : Baptiste et Pascal ont eu l'idée initiale, et ont été rejoints par Lille, Leila et Vincent dans l’organisation.
Depuis 2017, la semaine Labo-GN est organisée par l’association Labo-GN, créée la même année. Nous avons la volonté de tendre autant que possible vers l’horizontalité, et de nous éloigner d’une organisation pyramidale, telle qu’elle pouvait exister auparavant. C’est pourquoi, même si c’est votre première session, il vous est demandé de participer à l’organisation et vous êtes encouragé·e à donner votre avis.